De la participation citoyenne et du R.O.I. citoyen

Sylvain Grisot de dixit.net a partagé récemment un article sur les réseaux sociaux qui parle des formes tronquées de participation citoyenne.

L’apport essentiel de son auteure, c’est de classer les différents moments de la participation citoyenne en 3 catégories : quand on prend part (sans prendre la parole), quand on apporte une part en participant effectivement, et quand on reçoit une part. On pourrait parler quelque part de R.O.I citoyen (Retour sur Investissement)

Cette dernière catégorie, génératrice de polémique au premier abord (j’entends déjà les « Ne te demande pas ce que la République peut pour toi, mais ce que tu peux faire pour la République« , etc.), est effectivement, à la réflexion, particulièrement pertinente. Parce que pragmatique. Dès lors qu’on fait participer les citoyens pour apprendre des choses auprès d’eux (et non pas pour les convaincre), il est en effet indispensable de savoir quelle « part » ces derniers vont recevoir en échange du temps qu’ils vont consacrer à la chose publique.

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MOOC innovation publique : bilan à mi parcours

Ce vendredi nous avons animé la séance de mi-parcours du Mooc Innovation Publique du Cnfpt, pour les plus acharnés, ceux qui sont capables de passer une heure avec nous pour échanger sur toutes ces questions. Malgré un agenda de fin d’année qui est toujours surchargé (on est entré dans les to-do lists d’avant les congés d’été, on le sait, pardon).

Un peu plus de 3200 inscrits à l’heure où j’écris ces lignes, mais aussi une bonne cinquantaine de discussions en cours sur le forum, une bonne quinzaine de projets collaboratifs connus de nous (et combien inconnus? Par définition, c’est difficile à jauger…), sur au moins 3 continents, bref, les métriques du Mooc sont bons, comme on dit en management, et nos donneurs d’ordres doivent être contents.

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Mon nouvel ami robot, pour apprendre chaque jour des choses nouvelles

Au début de ce blog, j’avais fait un article pour raconter comment j’avais bâti ma veille. J’avais revu, faute de temps, mes ambitions à la baisse ces derniers temps. Avec comme conséquence la frustration de ne plus découvrir trop de choses nouvelles dans mes domaines de prédilections.

Et puis Benoit Raphaël, le créateur de Flint (et avant de plein de trucs cools, comme le Post.fr, le Lab Europe 1, …) a décidé d’ouvrir une école de robots rien que pour nous empêcher de rester dans nos bulles.

J’élève donc deux robots, Orakle, qui me parle de prospective depuis quelques semaines, et depuis peu, Modeste, que j’ai branché innovation publique. Ces IA lisent le web pour moi, et c’est vraiment génial.

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Rendre populaire la transition énergétique

Lecteur assidu de la Gazette des communes, je suis tombé cette semaine sur cet article : « TMS : Le zéro phyto, c’est bien, avec zéro mal de dos, c’est mieux« . Depuis un an, la loi interdit l’utilisation des pesticides et c’est tombé littéralement sur le dos des ouvriers des espaces verts.

Cette loi était pourtant indispensable, et d’autres dispositions devront être prises pour décélérer la vitesse d’utilisation des ressources naturelles. Mais il va falloir faire en sorte, si on veut qu’elles soient assimilées et partagées par tous, qu’au bout du compte, ça ne soit pas « toujours les mêmes qui prennent ». Un nouveau chantier pour le design des politiques publiques : le design de la transition énergétique désirable.

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Avoir des bons copains…

Je travaille depuis plusieurs mois (par intermittence) sur un MOOC, un cours en ligne sur l’innovation publique, pour le CNFPT. Nous sommes actuellement en phase production, et cette semaine, le télescopage entre un article retrouvé dans mes bookmarks sur « Les dérives de l’intelligence collective » et la séance de test qui s’est tenue mardi me pousse à rédiger deux ou trois éléments. Sur la bienveillance. Et c’est l’occasion de dire merci à la communauté innovation publique des Pays de la Loire.

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Eloge de la représentation

Bas Leurs, qui est designer au Nesta, la fondation anglaise pour l’innovation publique, a publié un diagramme sur les techniques et les outils d’innovation, représentation qui a déclenché chez moi un vrai effet wow !

Etant donné le peu d’enthousiasme qu’il déclenche autour de moi, je me suis demandé pourquoi il me plaisait tant. Et en fait, c’est une bonne occasion de parler de représentation.

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Les « irritants » et l’action publique

Je ne parle pas de chenilles ou de produits chimiques, je parle d’un concept qu’on utilise en innovation : débusquer les « irritants », ceux qui nous compliquent la vie,  comme point de départ pour innover. Philippe Picaud, le directeur du design de Carrefour, en fait même la source du design pour son groupe.

Mais ce qui est valable pour une chaine de grandes surfaces est-il valable pour les acteurs publics ? Je serai catégorique : Oui, mais non. Enfin ça ne peut pas être un objectif.

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Du droit à l’erreur et de sa mauvaise interprétation

« La culture mange la stratégie tous les matins au petit-déjeuner » Peter Drucker (le monsieur en photo ci-dessus)

Quand on veut déployer une stratégie d’innovation, il faut donc acquérir la culture qui va avec. Mais elle va à l’encontre – enfin en tout cas au premier abord – de tout ce qui constitue le socle de valeur de l’administration.

J’ai déjà parlé de l’égalité devant le service public qui déteste l’expérimentation ici, et de la culture de la synthèse qui freine la détection des innovations.

Aujourd’hui ce sera : le droit à l’erreur dans l’administration.

Là encore, il est possible de dépasser la contradiction de départ (l’administration n’a pas le droit de se tromper versus le droit à l’erreur). Continuer la lecture de « Du droit à l’erreur et de sa mauvaise interprétation »

Le peak-toolkit (ou l’abondance d’outils d’innovation )

Tool image by Dominick Guzzo, 2012

L’OCDE a un observatoire de l’innovation dans le secteur public. Voici une semaine, cet observatoire a publié un article sur les boites à outils de l’innovation et leurs limites.
Avant de dire du mal (ou presque) des toolkits, ils nous ont d’abord livré le produit de leur veille : des dizaines, que dis-je, des centaines de boite à outils (le lien est dans l’article ci-dessous). Attention innobésité  ! (tentative de néologisme sur la base de l’infobésité, je suis pas persuadé mais j’ai pas trouvé mieux).

Mais c’est surtout leur analyse qui est passionnante à lire.

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