Parler de son innovation

A travers toute la France, des dizaines de territoriaux qui avaient porté un défi à l’université de l’innovation publique du CNFPT du 9 au 11 juillet sont revenus au bureau en se disant : mais comment je vais raconter tout ça à mon DGS / Maire ? Ce papier leur est adressé, ainsi qu’à tout ceux qui doivent communiquer sur leur innovation.

Le jargon plus fort que le fond.

D’abord, un traumatisme personnel : la lecture de  » Hey, coconcevons le reprototypage du fonctionnaire en bottom-up« , un article de Rue 89 de 2014 à l’occasion de l’inauguration des locaux de SuperPublic à Paris. La communauté des innovateurs publics y prenait très cher. Même si on sentait un intérêt du journaliste pour le propos, le jargon employé à tour de bras par les intervenants l’avait complètement bloqué. Le jargon plus fort que le fond.

« Et donc, l’idée, c’est quoi ? »

Ensuite, des expériences personnelles : des restitutions d’ateliers de créativité, j’en ai vécu beaucoup, et la plupart du temps, on y passe plus de temps sur ce qu’on y a fait que sur ce que ça a produit. Immanquablement, il y a un moment où on se dit : « Et donc, l’idée, c’est quoi ? »

Simplifier les mots sans dévoyer son idée

Et puis des lectures. Notamment, Marianne Dekeyser tient un blog depuis des années, Les idées qui parlent, où j’avais lu il y a un peu plus de 5 ans un article « comment communiquer le « nouveau » ?« , qui parlait des travaux de Kim Erwin et m’avait bien marqué. Trouver le coeur du concept, et simplifier les mots sans dévoyer son idée est l’enjeu de toute communication sur le « nouveau ».

Outre des enseignements pour moi-même, mis en application pour ma conférence TEDx, j’en avais tiré le dernier « points de repère » du Mooc Innovation Publique du CNFPT : présenter son projet

Points de repères : présenter son projet
cliquez sur l’image pour voir la vidéo

J’y présentais les écueils quand on veut présenter un projet innovant.

La déclaration du fantastique

Mais à l’occasion des universités d’été de l’innovation publique, et notamment celle d’Orléans, où j’ai officié comme consultant, j’ai proposé une solution simple pour raconter son projet. Simple et basique même. Il s’agit d’un template (d’une fiche, si on veut éviter le jargon, voir plus haut) qui reprend les éléments essentiels d’un projet. Les designers d’IDEO qui me l’ont transmise l’appelle « la déclaration du fantastique » :

Déclaration du Fantastique
cliquez pour la télécharger en A4

Elle est censée aider à expliciter son concept, avant de le transformer en une solution précise, documentée et testable. Mais encore à la fin d’un projet, elle est bien utile : si vous êtes capable de la remplir, eh bien vous tenez votre pitch, le résumé de votre note de proposition, et la trame d’une présentation où vos pourrez agréger des éléments de compréhension sur le pourquoi, sur le comment, sur l’élément différenciant.

A vous qui rentrez de l’Université et planchez sur sa restitution, prenez et faites en ce que vous voulez 🙂

Le peak-toolkit (ou l’abondance d’outils d’innovation )

Tool image by Dominick Guzzo, 2012

L’OCDE a un observatoire de l’innovation dans le secteur public. Voici une semaine, cet observatoire a publié un article sur les boites à outils de l’innovation et leurs limites.
Avant de dire du mal (ou presque) des toolkits, ils nous ont d’abord livré le produit de leur veille : des dizaines, que dis-je, des centaines de boite à outils (le lien est dans l’article ci-dessous). Attention innobésité  ! (tentative de néologisme sur la base de l’infobésité, je suis pas persuadé mais j’ai pas trouvé mieux).

Mais c’est surtout leur analyse qui est passionnante à lire.

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A propos des brise-glaces dans les ateliers

J’ai toujours détesté les brise-glaces. Vous savez les exercices en début de réunion / atelier / workshop où on est censé faire connaissance avec son voisin en racontant une histoire sur soi ou en faisant un petit jeu avec lui. En général, soit je trouve un truc à faire, soit je fais ou dis n’importe quoi. Bref, je déteste ça, surtout parce que je trouve ça inutile.
Diverses expériences récentes – l’université d’été de Cluny, la préparation d’un atelier pour les ETS (Entretien Territoriaux de Strasbourg), le séminaire du bloc local (DG des communes et intercommunalités des Pays de la Loire) – ont été l’occasion d’en avoir un florilège, et, à mon grand étonnement, non sans résultats (sur les autres !).
Faut-il donc en passer par là pour se mettre au travail avec des inconnus ?

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