De la difficulté de l’achat public d’innovation

Route de Vannes, à Nantes, il y a des rochers rouges et bleus en décoration. C’était prévu dans le projet de l’aménageur. Mais comment les membres de la commission d’appel d’offres ont pu laisser passer ça.? Eh bien, c’est simple. Les copies de l’avant-projet qui leur ont été remises en séance étaient… des photocopies noir & blanc !

Vous pouvez vérifier : pendant plusieurs kilomètres, des rochers rouges et bleus…

Tout ça pour dire que l’achat public, c’est pas facile. Alors l’achat d’innovation publique, imaginez !

L’Etat a réalisé un guide de l’achat innovant, qui propose différentes voies pour acheter de l’innovation (il est ici).  La 27° Région a consacré un petit guide, plus simple à appréhender, qui liste les questions à se poser avant de passer un marché. Les outils existent donc. Ils n’en demeurent pas moins difficiles à manier.

Car l’essentiel de la difficulté n’est pas là : dans un monde où on réfléchit en livrables (donc en objet, en format, en résultat), il faut configurer des appels d’offres en forme d’objectifs à réaliser. C’est une vraie révolution, indispensable à l’objet innovation : le principe de l’innovation étant de ne pas connaître la forme exacte de la réponse aux questions posées, demander dès le départ un résultat précis bride toute la créativité, et même toute l’activité…

C’est un des multiples écueils qui fait face à l’apprenti innovateur public, qui sont avant tout des remises en causes culturelles. Et une nouvelle illustration de la phrase de Peter Drucker qui donne une clé majeure de la transformation de l’action publique : « la culture mange la stratégie au petit déjeuner ».

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