Avoir des bons copains…

Je travaille depuis plusieurs mois (par intermittence) sur un MOOC, un cours en ligne sur l’innovation publique, pour le CNFPT. Nous sommes actuellement en phase production, et cette semaine, le télescopage entre un article retrouvé dans mes bookmarks sur « Les dérives de l’intelligence collective » et la séance de test qui s’est tenue mardi me pousse à rédiger deux ou trois éléments. Sur la bienveillance. Et c’est l’occasion de dire merci à la communauté innovation publique des Pays de la Loire.

Guy Lorant, pionnier de la communication territoriale (lisez « Les collectivités locales face aux défis de la communication« , ça ouvre les chakras), aime à dire qu’un cheval dessiné à plusieurs ressemble immanquablement à un dromadaire . Et j’aime à lui dire que non.

Pourtant, en préparant pour le mooc une petite capsule de 5 minutes sur la collaboration dans le projet, j’ai trouvé, dans le papier cité plus haut , des arguments qui vont dans le sens de mon ami Guy. Tout concourrait selon cet article à ce qu’un projet collectif finisse par se vautrer, y compris les bonnes relations entre les personnes. Bref la collaboration réussie serait l’exception.

Et pourtant, j’ai vécu le contraire mardi dernier. La communauté de l’innovation publique en Pays de la Loire que nous avons tissée ces dernières années en est arrivé à un tel point que nous nous entraidons vraiment, et en plus avec plaisir.

une autre collaboration est possible

Nous avons fait tester 2 semaines de cours (en 3 heures…) à un groupe venant de Nantes, de Nantes Métropole, de la Loire-Atlantique et du Centre de Gestion, les agents d’Angers ayant renoncé du fait du manque de trains. Le test était préparé avec la designer du CNFPT, on savait ce qu’on voulait et les grilles de test étaient construites pour pouvoir tout faire aussi vite. Et le résultat est là.

Le groupe nous a consacré une matinée, et nous a fait part de son ressenti. Etant tous praticiens de l’innovation publique, ils ont pu nous parler de la forme comme du fond. Ils ne nous ont pas épargné, mais en toute bienveillance et dans un souci d’améliorer le projet.

Comment une semaine de cours en théorie (où tout se passe bien) se voit reconstruite après une séance de pratique : le 2 était en 3 le 3 en 5, etc.

L’après-midi, nous avons dépouillé le résultat du test, et revisité de nombreuses choses dans notre maquette. Et surtout ça nous a mis la patate pour la suite.

Que retenir de cet épisode :

  • tester son projet en passant par des prototypes, c’est vraiment génial, c’est impensable que ce ne soit pas généralisé ;
  • avoir des bons copains, voilà ce qu’il y a de meilleur au monde (référence qui me classe irrémédiablement en catégorie sénior) ;
  • on peut créer un climat de bienveillance qui ne soit pas un danger pour le projet, bien au contraire. Je pense que cela tient au fait que nous avons tous pleinement intégré le concept de l’itération et ce qu’il a pour effet : pour améliorer un projet, eh bien il faut écouter les critiques qu’on nous fait, et, si on est du côté des testeurs, livrer son point de vue sans édulcoration. C’est un stade élevé de collaboration que nous avons atteint : respecter son pair, c’est lui dire vraiment ce qu’on pense et pas essayer de lui faire plaisir.

Quand on ajoute que les « experts » interviewés pour le Mooc sont dans leur majorité des régionaux de l’étape, on mesure concrètement ce que je disais dans un précédent papier : Nantes est une ville de design de l’action publique.

Bon autrement, le Mooc commencera en mai, et franchement sur le fond on est pas mécontents. On essaye d’expliquer pourquoi il faut innover. Avant de parler outil et méthodes, on évoque le sens, et c’est bien. Pour s’inscrire, le lien est au début de l’article mais si vous voulez seulement découvrir le principe du Mooc, c’est là :

Bonus : on a enregistré les lancements de semaine et les défis en studio. J’ai dû apprendre à lire au prompteur. Me voici en mode BFM TV :

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